36 – Une rencontre inattendue

Du 24 au 30 septembre : 29550 => 30103 Km

Dans un calme absolu, nous nous réveillons pour la seconde fois sur notre spot au cœur de la forêt des montagnes du Rila. La proximité avec la route ne nous a pas empêché de nous lever suffisamment reposés pour la randonnée du jour. Après 5 minutes de route, nous arrivons au parking perché à 1500 mètres d’altitude. On s’équipe comme des pros et on part prendre le télésiège pour nous rapprocher des sommets. En attendant notre carrosse, le thermomètre affiche une température de 8°C là-haut. Heureusement qu’on s’est chaudement habillés ! Moi qui ai l’habitude de skier depuis tout petit, ça m’a fait bizarre de prendre un télésiège en chaussure de randonnée. La montée nous a permis de profiter d’une magnifique vue sur la cime des sapins et d’avoir un avant-goût des paysages qu’on va découvrir. Mais une fois arrivés là-haut, on déchante un peu… Des nuages, une pluie fine et un petit vent vont rendre notre ascension plus compliquée que prévu. Le plus gros problème, c’est que les 8°c semblent beaucoup plus saisissants dans ces conditions. Mais rien ne nous décourage ! On respire profondément l’air pur et on part découvrir les 7 lacs de Rila. On commence par 3 kilomètres de montée jusqu’à un superbe point de vue sur les 3 premiers lacs. Nous traversons ensuite une plaine pour arriver au bord du Kidney Lake. Les paysages sont époustouflants ! Entre montagnes découpées, eau crystalline et prairie, on en prend plein la vue. On continue notre ascension jusqu’au Eye Lake. Celui-ci est d’une clarté incroyable ! Dommage que le ciel soit nuageux… On s’installe au bord de l’eau pour pique-niquer. Mais à cause de la pluie et du vent frais, notre pause repas a été très rapide. Avant d’attaquer le retour, il nous restait un lac perché à 2500 mètres d’altitude à découvrir. Mais vu les conditions météos et le chemin escarpé pour y accéder, on a préféré abandonner cette ascension. On décide de poursuivre la randonnée par un versant différent pour s’approcher de 4 autres lacs. On commence à redescendre en altitude. La végétation a repris sur les flancs de montagnes et les températures s’améliorent. C’était magnifique mais nos jambes sont bien contentes de retrouver le télésiège. Lors de la redescente, un épais brouillard nous enveloppe et nous plonge dans une ambiance post apocalyptique. On apercevait à peine le siège de devant ! Cette ambiance était un peu angoissante mais l’expérience restera inoubliable. Après cette randonnée sportive, nous décidons de retourner sur notre spot de la veille pour nous reposer tranquillement. A force, on va se croire chez nous sur ce petit parking.

Troisième réveil au calme dans notre forêt bulgare. On se prend un bon petit déjeuner et on rempli César en eau pour rejoindre notre dernière étape dans le pays, la ville de Blagoevgrad. On y pas pour faire du tourisme mais pour se prendre un coton tige dans le nez. En effet, pour pouvoir passer la frontière en Grèce, nous devons présenter un test PCR de moiAprès un bon petit déjeuner, on remplit César en eau avant de rejoindre notre dernière étape en Bulgarie : la ville de Blagoevgrad. Malheureusement pour nos narines, on n’y va pas pour du tourisme mais pour faire un test PCR. En effet, pour pouvoir passer en Grèce, nous devons montrer patte blanche ou plutôt nez propre comme vous voulez. Il faut qu’on ai un test au Covid (ou à la Covid, ou coronavirus, enfin bref…) négatif de moins de 72h. On trouve une place en ville pour César et on rejoint l’hôpital à proximité. Pour se faire comprendre facilement, j’avais prévu des questions traduites en bulgare. Une dame nous indique que ce n’est pas ici mais au sous-sol. Arrivés au sous-sol, on nous indique un laboratoire tout proche. Avec un air des douze travaux d’Astérix, on arrive enfin au bon endroit. Une gentille personne nous explique les procédures à suivre (en anglais) ainsi que le prix : 100 Lev par personne = 50€. Honneur aux dames ! Aimie commence avec un coton tige dans la bouche puis un dans les narines puis… non, on arrête là pour les fouilles archéologiques. Trêve de plaisanterie, c’est à mon tour. Ce n’est pas agréable mais il faut savoir souffrir pour voyager (c‘est un nouveau dicton sorti en 2020). La somme acquittée, il nous reste plus qu’à patienter entre 24 et 48h pour avoir les résultats. En attendant, nous allons faire nos dernières courses en Bulgarie avant de trouver un spot sympa pour la nuit. On hésite entre deux endroits : un pas top top et un autre au bord d’un magnifique lac. Le problème ? Le deuxième se trouve juste à côté de la frontière Macédonienne ce qui veut dire : risque de prêt Sofinco pour pouvoir payer le hors forfait téléphonique. Evidemment, on essaye quand même et on part en direction de ce spot. A environs 2km de l’endroit, BIM mon téléphone passe en Macédoine. Grrr ! Plus le choix, il faut faire demi-tour pour l’autre spot. Vu qu’on se trouve sur une petite route de campagne, on envisage la manœuvre une centaine de mètres plus loin pour pouvoir retourner notre gros bébé sans problème.  Et c’est dans ces quelques mètres en plus que notre voyage va vivre son plus grand chamboulement ! Juste avant d’atteindre l’espace de retournement, Aimie me dit qu’elle a vu des trucs bouger à côté d’une poubelle. Elle pense avoir vu des chiots. On fait notre demi-tour et on s’arrête à proximité de l’endroit. Je m’approche et je m’aperçois qu’en effet, un carton à côté de la poubelle remue. Mais qui va là ! Des petits chiots totalement apeurés cavalent autour des buissons et d’un carton. Certains me regardent d’un air béat, d’autres se cachent, d’autres restent figés. Mais combien il y en a ? Avec Aimie, on s’attèle à les compter. Mais entre les buissons qui les camoufflent complètement et le fait que certains bougent dans tous les sens, la tâche est compliquée. On en compte trois, puis quatre, puis cinq, à non quatre, non, non cinq, puis six (on ne l’a pas déjà compté lui ?). Adjugé à 5 ! Dans l’euphorie de l’instant, on prend chaque chiot dans nos bras, on fait quelques photos, jusqu’au moment où la réalité nous rattrape. Ils sont craquants à souhait mais remplis de tiques, de puces et n’ont que la peau sur les os. Bref, ils sont vraiment en mauvais état. On décide de leur donner quelques croquettes qu’on avait en stock dans la soute de César. Depuis la Roumanie, on avait décidé de toujours avoir un sac pour pouvoir aider les chiens errants qu’on pouvait croiser sur notre passage. Même si nous connaissons la difficulté de ces pays à réguler leur population de chats et de chiens errants, la colère et l’incompréhension nous submerge à la vue de ces 5 petits chiots livrés à une mort lente et certaine. On commence à réfléchir à une solution pour les aider de notre mieux. Pendant que je cherche le nom d’une association bulgare type « SPA », Aimie contacte des vétérinaires de la région pour savoir s’ils peuvent nous aider ou au moins nous donner le numéro de téléphone de quelqu’un qui pourrait les prendre en charge. Sans même lui laisser le temps d’expliquer la situation ou de lui donner une réponse à ses questions, les vétérinaires lui raccrochaient tous au nez ! C’est tellement frustrant et énervant ! Elle finit quand même par avoir un numéro mais malheureusement, il ne fonctionne pas… Nous avons même appelé la SPA en France pour savoir s’ils connaissaient une association qui agirait dans l’ensemble de l’union européenne ou s’ils avaient des contacts en Bulgarie. Rien ! Après coup, nous avons appris que nos recherches étaient vouées à l’échec car il n’existe aucune organisation protectrice des animaux dans ce pays… De plus, les vétérinaires nous ont raccroche au nez car si on leur avait apporté les chiots, ils auraient été dans l’obligation de les identifier et de les vacciner à leur frais (aucune obligation de payer pour ceux qui les emmène). On a même essayé de demander aux riverains mais personne n’a dénié s’intéresser à nos 5 petites crapules. Au bout d’une heure d’essais infructueux, je commence à retourner dans César pour continuer notre chemin. Mais Aimie veut tenter une dernière fois avec une dame qui arrive au loin. Elle l’interpelle et essaie d’attirer son attention sur les 5 petits chiots. Elle ne semble pas comprendre un mot d’Anglais mais pour la première fois, elle accepte d’aller les voir. Après quelques caresses, elle se relève, hausse les épaules et commence à reprendre son chemin. Aimie insiste et trouve environs 4200 prononciations différentes du mot « association » et de « aide ». Rien n’y fait, elle s’en va… Ma princesse remonte dans le César à la fois énervée et triste de ne pas avoir réussi à trouver une solution. Evidemment, elle a quand même essayé de me faire accepter les 5 chiots dans César. Mais j’ai pu rapidement la convaincre que c’était tout simplement impossible de pouvoir faire identifier et vacciner 5 chiots dans les 24 prochaines heures vu qu’il faut qu’on passe la frontière dès la réception de nos tests PCR. Pendant cette énième explication, on s’aperçoit que la dame fait demi-tour et revient droit vers nous.  Sans un mot, elle tend son téléphone à Aimie. Elle ne sait absolument pas qui est au bout du fil, mais elle se doute que c’est forcément quelqu’un qui pourrait potentiellement sauver la vie de ces chiens. Elle donne tout, mais s’énerve vite car elle ne trouve pas ses mots… Aimie se tourne vers moi et me dit d’un latin parfait « Put..n ! Comment on dit poubelle ? ». Et là, les étoiles s’alignent ! Dans un bon français, la personne au téléphone lui dit : « Ah ! Vous parlez français ? Je parle beaucoup mieux français qu’Anglais. » Sans même réfléchir, Aimie lui répond : « ça tombe bien, moi aussi ! ». Et c’est partie en commençant par une brève présentation de Aimie à Emi (quand je vous dis les étoiles s’alignent) et on peut enfin décrire correctement la situation. Elle nous explique qu’elle gère un groupe Facebook qui publie et essaye de faire adopter des chiots trouvés comme ceux-là. Alléluia ! Malheureusement, elle nous a laissé peu d’espoir quant au fait qu’ils seront tous adoptés… En effet, à cause du nombre très importants de chiens et de chiots errants, les demandes d’adoptions ne sont pas assez importantes pour pouvoir tous les placer dans des familles. Après lui avoir donné l’emplacement exact des chiots, elle promet qu’elle et sa maman les prendront en charge dès demain. Elles s’en occuperont jusqu’à leur potentiel adoption. A moitié rassurés et le cœur plus léger, nous partons vers un spot au sud de Blagoevgrad après leur avoir fait le plein de croquettes, d’eau et de caresses. A peine César installé, le soleil fait place à de gros nuages. On n’arrête pas de penser aux chiots, qui sont tous seuls, livrés à eux-mêmes et on espère très fort qu’une pluie ne va pas se rajouter à leur calvaire cette nuit. Ce soir, c’est soucieux qu’on est partis se coucher.

Nos inquiétudes d’hier se sont malheureusement avérées… Il y a eu de la pluie cette nuit et ce matin, il y a beaucoup de vent. On pense aux petites canailles qui sont dans leur carton et on espère qu’ils vont bien. Peu de temps après notre réveil, nous recevons les résultats de nos tests PCR : ils sont négatifs ! Ça y est, les portes de la Grèce nous sont officiellement ouvertes. Je nous inscris sur le Passenger Locator (un site grec pour enregistrer chaque personne entrant sur ce territoire). Malheureusement pour nous, le site me propose que la date du lendemain pour passer en Grèce. Tant pis, nous attendrons. Nous reprenons la route vers l’hôpital pour récupérer nos résultats. Le ciel s’assombrit de plus en plus et le vent souffle très fort. C’est seul que je pars chercher les documents. À mon retour au camping-car les résultats en mains et complètement décoiffée, Aimie me fait remarquer que sur l’accusé de réception du Passenger Locator, la date de passage n’est pas pour le lendemain mais pour le jour même ! La joie devrait être présente mais non… Pourquoi ? On n’arrête pas de penser aux petits chiots de la veille. C’est vrai qu’on ne peut pas ramener les 5 mais peut être pourrions-nous en sauver déjà un ? Depuis hier soir, l’histoire de ces boules de poils a fait réagir énormément de monde sur Instagram. En France, chaque chiot serait adopté 3,4 voire même 5 fois ! On nous propose même de nous faire des virements pour nous payer en avance tous les frais engendrés jusqu’à leur arrivée en France. Evidemment ce serait le rêve ! Mais la réalité c’est qu’on a qu’un camping-car, très peu voir aucune connaissance des chiots et encore tout un pays à découvrir avant de rentrer. En plus, il faudrait tous les faire passer illégalement en Grèce (non identifiés et non vaccinés). De nombreuses personnes ayant connu des situations similaires nous ont énormément conseillés , rassurés et informés sur ce qu’on pouvait faire et ne pas faire. On se pose beaucoup de questions. Ne pas les prendre ? En prendre un seul, les 5 ? Bref, on ne sait pas quoi faire… Avec Thomas, on envisage depuis un moment de prendre un chien pour nous accompagner dans notre voyage et dans notre vie future. Mais on n’avait pas imaginé de l’adopter dans ces conditions. Pendant cette longue conversation, la pluie a augmenté en intensité et est devenue limite torrentielle. Pour l’instant, nous n’avons pris aucune décision. On décide seulement de retourner sur les lieux voir si la personne d’hier est bien venue les chercher. Si c’est le cas, la question ne se posera plus. On n’a pas son numéro de téléphone pour la rencontrer et récupérer un ou plusieurs chiots. Sur la route, notre inquiétude augmente. C’est une tempête qui s’abat sur la région et des torrents rendent les routes pratiquement impraticables. A notre arrivée, c’est l’effroi ! Là où se trouvaient les chiots la veille n’est plus qu’un immense court d’eau et le vent fait tout voler dans tous les sens. Je saute dehors pour m’assurer que les chiots ne sont plus là. Je commence à chercher de droite à gauche quand soudain, je vois le petit carton de chips de la veille. Je le retourne et là, je vois 5 boules de poils entassées les unes sur les autres qui ne bougent plus. Sans réfléchir, je prends un premier chiot dans mes bras et je me rends compte qu’il n’est pas mort. Je le ramène en courant jusqu’à Aimie qui a vu toute la scène et m’attend déjà avec des couvertures. Elle le récupère et je répète l’opération 5 fois. Quand je rentre dans le camping-car, Aimie a mis les chiots dans le bac de douche avec des torchons et des linges propres, le chauffage tourne à fond et elle fait du peau à peau avec chaque chiot. Ils sont épuisés et tremblent de tous leurs corps. Ils ne bougent pratiquement plus, ne touchent ni à l’eau, ni à la nourriture. On a peur d’être arrivés trop tard. Certains chiots respirent extrêmement doucement. On a passé la première heure dans l’angoisse totale d’en perdre un ou plusieurs. Au bout de deux heures, les chiots se réchauffent un peu, ils ne tremblent plus, respirent normalement et commencent à boire et à manger. C’est un grand ouf !  Mais le constat est extrêmement stressant : il est 17h, nous devons traverser la frontière avant minuit, nous avons 5 chiots dans notre salle de bain et la personne qui doit venir les chercher ne montre aucun signe de vie. À ce moment-là, nous n’avons pas d’autre solution que d’attendre et d’espérer. Dehors, la pluie tombe toujours aussi fort et le vent secoue César dans tous les sens. A 18h30, une voiture s’arrête à quelques mètres de nous en warning. Une personne sort avec des cartons et des sacs poubelles : mince, ce n’est pas la bonne… Cependant, elle ne jette rien et part sous un arbre hors de notre vue. A ce moment-là, on se dit que c’est un dépôt sauvage d’ordures. Elle revient les mains vides et semble chercher autour de la zone. C’est elle ! Elle est enfin là ! On est tellement soulagés de la voir ! On lui fait signe de rentrer dans le camping-car. Elle vient voir les chiots et on les prend en photo pour qu’elle puisse les mettre en ligne, à l’adoption. Cette dame (qui s’appelle Emi) nous annonce que malheureusement, elle ne pourra pas les recueillir car elle a déjà beaucoup de chiens abandonnés chez elle. Mais elle ne les laisse pas tomber pour autant ! Elle passera tous les jours pour s’occuper d’eux et me propose de leur construire un abri. On descend sous un grand arbre pour faire une cabane étanche avec des cartons, des planches et des couvertures pour qu’ils soient au chaud, protégés du vent et de la pluie. On retourne au camping-car et on sort les chiots un à un. Quand Emi par avec le quatrième chiot, on se regarde avec ma Aimie et après deux jours de réflexion nous avons enfin pris notre décision. C’est avec une petite boule de poil que nous allons continuer notre aventure ! On est tellement heureux de pouvoir sauver un de ces chiots mais c’est le cœur brisé qu’on le sépare de ses frères et sœurs. Pourquoi lui ? Dès le premier jour, Aimie avait craqué pour ses poils hirsutes, son mélange caramel/vanille et ses yeux bleus océan ! Pour moi, c’est pendant ces longues heures avec eux dans César que j’ai senti que c’était lui plus qu’un autre. Il avait quelque chose en plus. Il s’est montré détendu et confiant avec nous. C’est ce qui a fait la différence. Evidemment, ils étaient tous à craquer mais il faut bien choisir. Nous voilà en direction de la frontière Grecque, à trois, dans César. A moins d’une heure du contrôle douanier, on arrive dans un énorme embouteillage. On ne sait pas ce qu’il passe mais ce n’est pas grave, ça nous laisse le temps d’admirer notre boule de poil et de monter une stratégie pour le faire entrer sur le territoire grec. En effet, il n’est pas en règle avec un passeport et des vaccins à jour. Il y a 1 heure on n’avait même pas de chien ! Après avoir imaginé plein de choses : l’honnêteté au risque qu’il nous l’enlève, le mensonge mais il serait trop énorme pour que ça passe ou finalement, le choix qu’on a pris, ce qu’on ne sait pas ne peut faire de mal à personne ! Je m’explique : le chien est tellement épuisé par tout ce qu’il vient de vivre qu’il ne fait que dormir depuis tout à l’heure. On peut le mettre tranquillement dans nos couvertures dans le lit et ne rien dire quand on sera contrôlés. Après plus d’heure à attendre que la route réouvre, on peut enfin repartir. On s’aperçoit que notre attente est due à un éboulement sur la route à cause des intempéries de la journée. Avant de quitter la Bulgarie, on fait un dernier plein, on installe notre nouveau bébé dans le lit et on croise les doigts. À notre arrivée, une douanière vérifie nos papiers et ceux de César pendant qu’un agent check nos tests PCR. Sans rien nous demander de plus (style : avez-vous quelque chose à déclarer), la douanière rentre dans César pour le contrôler. Et maintenant, prions tous ensemble pour que notre petite boule de poils n’ai pas une envie soudaine de se réveiller. Je lui ouvre les portes et allume toutes les lumières en me postant devant la chambre. Elle me remercie avec un large sourire et ressort. Puis, nous arrivons aux postes de frontières grecque . Sans un mot et sans un regard, le douanier nous rend nos papiers. On redémarre alors doucement… et nous voilà en Grèce tous les trois ! Incroyable ! Maintenant, plus rien ne pourra nous enlever notre chien ! Il est déjà 22h, on rejoint directement un spot au bord d’un lac pour passer la nuit. Ça y est, c’est le début d’une nouvelle aventure !

Notre première nuit fut… comment dire ? Infernale ! Cette petite boule de poils a couiné toutes les heures… Mais il faut le comprendre. En 24h, il a vécu : une tempête, une séparation, une nouvelle maison, le contact avec des hommes et un passage de frontière. C’est beaucoup pour un bébé ! Les autorités grecques nous ont demandé de faire une quarantaine de 24h. Ça tombe bien, c’est dimanche et donc repos forcé au bord du lac Kerkini. On en profite pour se familiariser avec notre nouveau compagnon et envisager les adaptations à faire pour la suite du voyage. Et chose importante, il lui faut un nom. Comme il est bulgare, il faut trouver quelque chose en lien avec son origine. Nous voilà à traduire tous les mots français qu’on aimerait pour lui en bulgare. Mais aucun nom ne nous plait. Tous les mots qu’on choisit ont des consonnances très dures. Ça ne convient pas du tout à notre chien tout doux et tout mignon. Aimie aimerait quelque chose avec le mot chance. Cette rencontre est le pur fruit du hasard et d’énormément de chance (pour lui comme pour nous). C’est alors qu’un prénom nous apparait comme une évidence. Bienvenue dans notre famille Lucky ! On profite également de la journée pour appeler notre famille et leur présenter notre petite boule de poils.

Deuxième réveil sur notre spot au bord du lac et franchement, les nuits se suivent et se ressemblent… Mais le point positif, c’est qu’il est propre. Il nous demande de sortir toutes les heures ! Notre quarantaine est terminée, nous reprenons la route tous les trois pour la deuxième plus grande ville du pays : Thessalonique. On commence par trouver une animalerie pour acheter le nécessaire à notre nouveau compagnon. À savoir : gamelle, panier, croquettes, jouets, etc… Tout pour que Lucky soit à l’aise dans son nouveau chez lui. Nous reprenons ensuite la route pour le centre-ville car nous avons rendez-vous avec un vétérinaire à 19h30. On espère que tout va bien pour notre petit Lucky. Après un bref contrôle, le vétérinaire nous dit qu’il va bien mais qu’il est très faible. Il ne peut pas encore le vacciner. Il a environs 1 mois et demi/2 mois et ne pèse que 1,5Kg. A son âge, il devrait faire entre 4 et 5 kg. Il nous demande d’attendre une semaine pour le vacciner. En attendant, le vétérinaire le vermifuge et le traite contre les puces. On repart avec notre peluche sur un spot au bord de mer, pas très glamour, mais ça fera l’affaire pour cette nuit.

Cette nuit a été plus calme. Lucky nous a beaucoup moins réveillé ! C’est grâce au vétérinaire qui nous a autorisé a lui enlever l’eau pour la nuit. Merci à lui, on peut enfin dormir un peu. Aujourd’hui, première visite en Grèce pour nous trois. On installe César sur un parking sécurisé avant de partir à la découverte de Thessalonique. Notre première étape de la balade est une animalerie pour trouver un sac de promenade pour Lucky. Eh oui, avec un chien, nos visites ont quelques peu changées. Par chance, on en trouve un dès la première boutique ! On commence alors la découverte de la ville par un monastère en plein centre. L’extérieur même est magnifique mais posé au milieu de grands bâtiments très moches. Ça ne le met pas du tout en valeur ! A l’intérieur, tout date de plusieurs siècles et est décoré de mille et une couleurs. Ça, c’est magnifique ! On remonte jusqu’au marché couvert de la ville. Là-bas, on a pu retrouver quelques petites choses familières qu’on n’avait pu voir ou acheter pendant notre premier voyage tous les deux en Crête. De la fêta, des olives, de l’Ouzo, des tenues et des objets traditionnels : ça nous rappelle de bons souvenirs. On déambule dans les ruelles étroites du marché avant d’arriver sur la place Eleftherios. C’est un bel endroit couvert de pins et entouré de beaux monuments. On trouve un petit coin d’herbe pour promener notre Lucky et lui donner à manger. Après qu’il ai bien couru, on remonte vers les vestiges d’un théâtre grec. C’est notre première visite d’un monument de la civilisation grecque ancienne. On attendait ça avec impatience. C’est superbe ! C’est à notre tour de nous remplir le bidon. Au menu : un traditionnel gyros au poulet pour Aimie et un au porc pour moi. C’est un régal, ça tient bien au corps et ce n’est pas cher. On va adorer ce pays ! Nous redescendons ensuite l’avenue principale pour rejoindre les vestiges d’une arche et faire les boutiques à touristes. C’est sous un beau et chaud soleil qu’on termine notre balade sur les bords de la mer Egée. On y découvre une réplique de galère grecque avec un soldat en armure traditionnel. On arrive ensuite devant la statue d’Alexandre le grand, roi de Macédoine et qui a séjourné à Thessalonique durant son existence. La journée a été longue et éprouvante pour Lucky. Nous reprenons le chemin du retour par le bord de mer pour retrouver César. Il commence à se faire tard, le soleil se couche à l’horizon et on reprend la route vers un spot pour la nuit. Après 1h au milieu des champs d’oliviers, nous arrivons sur une plage à l’eau turquoise, du sable fin et un coucher de soleil magnifique. Aimie est au paradis ! On en profite pour faire découvrir l’eau à Lucky. C’est dans ce cadre paradisiaque que nous terminons cette longue journée.

Cette nuit Lucky a été encore plus sage que la veille ! Et grâce à lui et ses réveils très matinaux, on peut observer de magnifiques levers de soleil ! De bon matin, il fait beau et chaud. On engloutit notre petit déjeuner et on part au bord de l’eau. Avec cette carte postale taille réelle, l’aventure prend des airs de vacances. On profite d’avoir la plage rien que pour nous pour faire courir Lucky dans le sable. Il adore ! On apprécie ce moment de calme dans ce cadre. On laisse ensuite Lucky seul une petite heure dans César. C’est une première ! Prions tous ensemble pour qu’il ne détruise pas tout. On part faire une petite balade en amoureux le long d’un canal à l’eau turquoise. À notre retour, Lucky a été sage et n’a fait aucune bêtise. Au top ! On mange sur notre superbe spot. Avant de reprendre la route, on fait les services de César. Nous partons rejoindre des vanlifers rencontrés sur Instagram dans un spot de rêve. Une fois arrivés sur place, nous faisons la connaissance en réel de Victor et Margaux. Ce sont des jeunes qui comme nous, découvrent l’Europe sur les routes. On sort alors les chaises et la table pour un bon apéro avec vue mer. Des nouveaux copains, une bonne bouteille et un panorama de dingue. C’est les bons ingrédients pour un moment parfait non ?

Itinéraire : https://loupsaventures.files.wordpress.com/2021/06/36.jpg

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